DECLARATION DES ALTERNATIFS - MANIF DU BUGEY 15 10 2011

Publié le par alternsavoie

La centrale du Bugey est emblématique de  la montée en puissance de l’électro-nucléaire en France qui s’est produite au cours des années 80. Officiellement  nos politiciens de 1974 prônaient une pseudo-indépendance énergétique face aux pays arabes producteurs de pétrole avec l’objectif de doubler la consommation tous les 10 ans. 

 

Aujourd’hui l’approfondissement de la crise écologique et ses conséquences sociales imposent de mettre en place un nouveau modèle économique, affranchi des énergies fossiles, du pillage des matières premières et du gaspillage. Cela implique de rompre avec le système productiviste et la société de consommation très inégalitaire par ailleurs. 

 

Or le nucléaire participe pleinement à l’augmentation exponentielle de la consommation de biens matériels avec toutes les conséquences catastrophiques dues à  la radio-activité sur le vivant. Il est en totale contradiction avec la nécessaire sobriété, dans les comportements et dans le choix des technologies et l’indispensable conversion de secteurs industriels dommageables sur un plan écologique.

 

Concrètement la centrale du Bugey rejette quotidiennement  des produits radio-actifs en particulier le carbone  14 et le tritium, des gaz rares comme le krypton 85, des halogènes comme l'iode 131, des aérosols  contenant des produits de fission comme le césium  137 et des produits d'activation comme le nickel 63 ou le cobalt 60.

De plus l’Installation de Conditionnement et d'Entreposage de Déchets Activés (ICEDA) unique en France, multipliera par huit la radio-activité  des rejets atmosphériques de carbone  14 et de tritium. Elle entrainera aussi dans le pays, de nombreux transports de déchets radio-actifs issus des centrales de première génération dont la phase 3 du démantèlement sera dommageable pour les travailleurs et l’environnement. Les risques sismiques, d’inondation et technologiques très présents sur cette centrale, ne peuvent qu’aggraver le risque d’un catastrophe  nucléaire.

 

Pour les Alternatifs la transformation sociale et écologique implique la transition de l'économie capitaliste actuelle vers une économie garantissant la satisfaction des besoins sociaux et économiques déterminés démocratiquement et dans le respect de la planète.

Concrètement nous proposons :

-         La décision immédiate de sortie programmée sur 5 à 10 ans, du nucléaire civil et militaire car il ne peut  suffire de rendre public le nucléaire pour en faire une filière propre et sûre !

-         La fermeture immédiate et définitive, des 21 réacteurs ayant atteint l’âge de 30 ans dont ceux de la centrale du Bugey, C'est un objectif réaliste, pouvant rapidement être mis en oeuvre en mobilisant des capacités de production aujourd'hui existantes et sous utilisées. Au niveau social les travailleurs de ce secteur comme ceux de l’armement par exemple, ne doivent pas pâtir de cette réorientation de l’économie mais être formés si possible pour les filières et technologies industrielles plus vertueuses sur le plan environnemental.

Nous proposons encore

-         L’Arrêt de l’exploration et l’exploitation des gaz et huile de schiste

-         L’interdiction de la production et l’emploi des agrocarburants

-         Le développement des énergies alternatives, l’efficacité et la sobriété énergétiques favorisant l’emploi et la relocalisation de l’économie dans les territoires.

 

Il y a urgence absolue de sortir du nucléaire face  à la probabilité grandissante d’un accident majeur dont les conséquences seraient comparables à celles de la catastrophe de Fukushima. Fermer le parc nucléaire c’est aussi ouvrir la voie à une société autogestionnaire, débarrassée du culte du secret, en  capacité  d’assurer l’indépendance énergétique, le développement des énergies propres, réduire les gaspillages, recréer des solidarités régionales et internationales et promouvoir un monde de paix.    

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