Lyon Turin Ferroviaire : Un grand projet inutile franco-italien !

Publié le par alternsavoie

Le projet

Objectifs initiaux : Partant de la situation de 1995 avec un trafic de marchandises pour les Alpes du Nord Franco-Italiennes de 34 millions de tonnes /an dont 25 pour la route, les projections de croissance du fret route et rail prévoyaient :

-de passer  à  70 MT d’ici 20 ans et à 80MT d’ici 30 ans. La réalisation du Lyon-Turin, permettrait de transférer à terme près d'1 million de poids lourds sur le train.

-maintenir le trafic routier de marchandises à son niveau de 1995 (25 millions de tonnes par an) et faire porter la capacité sur rail à 60 millions de T de marchandises par an dont 16 sur la ligne historique (6 fois plus qu’alors) .

-Transporter 8 Millions de voyageurs/an. 

 Rappel Historique :

La naissance du projet Lyon–Turinremonte à 25 ans. Il est issu du « schéma directeur des liaisons ferroviaires à grande vitesse » approuvé en décembre 1990 par le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne. Il faut se rappeler qu’il y a 25 ans avec l’ouverture du tunnel sous la Manche, les élus savoyards rêvaient d’un TGV entre Londres et les stations de Tarentaise. Dès lors se sont créées  de nombreuses associations opposées au TGV pour l’impact environnemental et les nuisances de proximité attendues sans oublier  l’impact sur le foncier.

Ce projet s’inscrit dans une perspective du développement des productions et d’échanges de marchandises doublé d’un réseau voyageurs G.V. à travers l’Europe dans le cadre du corridor européen n° 5 Lisbonne – Kiev. Pour les Alternatifs Il répond aux exigences de l’économie capitaliste productiviste avec le juste à temps, les délocalisations des productions, provoquant le dumping social et la concurrence entre les peuples.

Quelques repères :

- décembre 1996 La SNCF rappelle dans le dossier de présentation générale de décembre 1996 que « les études préliminaires » ont été engagées en 1991 et 1992 par la SNCF sur la section Lyon-Montmélian et étendues jusqu'à l'entrée du futur tunnel transalpin.

 

- En 1997 le Ministère des Transports, face à la forte progression du trafic de poids lourds décide d’intégrer un volet de fret.

- Juin 2006 enquête publique pour le Lyon Turin de St Jean de Maurienne à la frontière franco-italienne suivi d’une DUP laissant la majorité des savoyards au mieux indifférents au pire satisfaits

 

-18 décembre 2007 Signature du décret d'utilité publique par le Premier ministre français pour la partie française de la section transfrontalière du Lyon-Turin.

 

 

-Janvier 2012 enquête publique pour le Lyon Turin pour la partie française entre Lyon et St Jean de Maurienne

-Le 23 août 2013 publication au journal officiel du décret, signé par Jean Marc Ayrault, déclarant d’utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation de l’itinéraire d’accès au tunnel franco-italien de la liaison ferroviaire Lyon–Turin.

Voir les dates clés du Lyon Turin www.ltf-sas.com/pages/articles.php?art_id=23

 

 

Un gouvernement  à l’écoute du puissant lobby des travaux publics mais aveugle face à la réalité ! 

Le gouvernement, sous la pression de l’association « la transalpine » qui regroupe le puissant lobby des travaux publics, élus et technocrates, n’entend ni les recommandations  de la Cour des comptes qui dénonce un " pilotage qui ne répond pas aux exigences de rigueur nécessaires » ni les alternatives consistant à améliorer la ligne existante. Il reste aveugle face à la réalité actuelle des transports de marchandises à travers les Alpes du nord franco-italien qui diminuent depuis 10 ans en dessous des 25Mt/an dont 4Mt/an par le rail alors que le projet de la ligne nouvelle est dimensionné pour 40Mt/an auxquels s’ajoute les 17Mt/an de la ligne historique récemment rénovée

Un projet entaché de conflits d’intérêt et de mensonges

Des conflits d’intérêt de la part de commissaires enquêteurs pourtant soumis au code d'éthique et de déontologie des membres de la Compagnie Nationale des Commissaires Enquêteurs. Parmi les commissaires enquêteurs, on trouve le frère d'une société de BTP intéressée par le projet.

Un projet destructeur d’espaces naturels, de terres agricoles et de qualité de vie

La réalisation des deux phases de travaux présentés à l’enquête publique (ligne mixte Lyon - Chambéry et premier tube des Tunnels Chartreuse, Belledonne, Glandon) soit 86km de tunnels, va générer 19 millions de m3 de déblais auxquels il faut ajouter les déblais de la troisième phase pour le deuxième tube. En outre il nécessitera 59 ouvrages d’art courant, et 6 viaducs.  L’ensemble de la réalisation du Lyon Turin  produira 50 millions de m3 de déblais provenant des 150km de tunnels bitubes soit l’équivalent de 19 pyramides de Kheopsqu’il faudra déplacer, traiter, stocker.

Des nuisances avant même l’engagement des travaux de construction

A Modane / Villarodin-Bourget, le creusement de la descenderie de reconnaissance jusqu'en 2007 a déjà confisqué les sources d'eau potable alimentant le village, et créé des lézardes dans les murs des maisons.

A  Chambéry le quartier de La Cassine dédié aux infrastructures du LT (gare internationale, gare routière, parking, centre d’affaire, a déjà subi de lourds préjudices (destruction d’habitations, de jardins familiaux…) alors que le projet en est encore aux études pour un cout de près de 1 MdE !

 

Résistance populaire contre le projet pharaonique !

D’une simple formalité pour les promoteurs du Lyon-Turin, l’enquête publique s’est transformée en débat populaire. A la Motte Servolex,  Chapareillan,  Vérel-de-Monbel, Chimilin, Les Molettes, Chambéry…, Partout sur le projet du tracé de la nouvelle ligne, les habitant.e.s se sont mobilisés en découvrant le vrai visage du Lyon-Turin : le « non au Lyon-Turin » s’affirme, le pseudo consensus pro Lyon-Turin se fissure. Des municipalités organisent,  parfois en lien avec les associations locales, des réunions ou sont adoptées des motions d’opposition aux priorités proposées par RFF, ou carrément au projet lui-même. Le collectif No Tav de Savoie soutenu par les Alternatifs, le NPA, la FA, Sud éducation à lui-même organisé des réunions publiques seul ou avec la FRAPNA ou encore ATTAC et une manif devant la direction SNCF. Il a participé pratiquement à toutes les réunions de RFF et apporté son analyse et appelé à la mobilisation contre ce projet pharaonique inutile, dangereux et coûteux.

L’opposition s’est structurée au sein d’une coordination régionale en contact avec les No Tav du Val de Suse qui de Lyon jusqu’en Maurienne et Grenoble rassemble les collectifs locaux

- Un recours au Conseil d’Etat déposé en janvier 2014 par plus d’un millier de personnes demande l’annulation de l’enquête publique et de la déclaration d’utilité publique publiée le 23 août dernier relatives au tronçon entre Lyon et Saint-Jean de- Maurienne, en pointant de graves irrégularités dont un nouveau soupçon de conflit d’intérêts

 

Une plainte contre X pour « pratiques douteuses ». Elle porte sur l’appel d’offres publié en décembre 2012 par Lyon Turin Ferroviaire (LTF), la société franco-italienne qui gère le projet, et est relative à la galerie de reconnaissance de 9 km qui doit être bientôt creusée. « Une évaluation interne de 450 M€ a été divulguée par la presse huit mois avant le lancement officiel de l’appel d’offres.

 

Pour en savoir plus sur les luttes et la répression en Savoie et en Val de Suse :

Coordination des opposants au Lyon-Turin : lacoordinationcontrelelyon-turin.overblog.com 

No-TAV Savoie à Chambéry : http://notav-savoie.blogspot.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Régis Moulard

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